Je n’aurais jamais dû choisir un hôtel près de la gare, on y entend trop les trains, et puis c’est glauque au petit matin un dimanche. Est-ce vraiment pour cela que je n’arrive pas à m’endormir, après une nouvelle Nuit pour la Vie ? Je crois que c’est plutôt tout ce qui me tourne dans la tête.
Ont-ils pensé à rapporter les dernières caisses d’alcootests ? Ont-ils remercié le patron de la discothèque ? Va-t-on réussir à réveiller tout le monde à l’heure pour reprendre le train vers Paris ? Et puis, Rousseau, le deuxième chapitre du Contrat social...il faudrait que je me souvienne de ce qu’il y a dedans, pour le concours blanc de lundi. Enfin, l’important, c’est qu’ « ils » aient « fait » plus de 90% de clés. Et que nous pensions à rappeler la Préfecture à notre retour et à leur envoyer tous nos justificatifs. C’était sympa le dîner avec les bénévoles hier soir. Il faudra qu’on achète Le Midi Libre tout à l’heure pour voir l’article sur nous. Et que pense, au juste, Habermas de l’éthylotest ? Heu... me suis-je assoupie ?
Résumer mon année de présidence de la Route des Jeunes, c’est ça : surmenage, quasi folie, mais aussi et surtout école de la vie. Car la devise des présidents à la Route des Jeunes jusqu’à maitenant a été : « Plus on en fait, plus on apprend à en faire ». Nos examinateurs se s’y sont pas trompés : pour tous, juristes, commerciaux, matheux ou littéraires, la présence de la Route des Jeunes sur notre CV nous a aidés à décrocher une sélection, un oral, une qualification, un doctorat. En attendant un job...
A l’issue d’une année de présidence, on est sur les rotules et content de passer la main, mais surtout, on s’est construit des amitiés indestructibles, on s’est senti utile, on a fait progressé une belle cause. Et on a changé. Sans l’avoir cherché. La Route des Jeunes, évidemment, c’est nous qui l’avons faite, mais à sa façon aussi, elle a fait ses présidents.