Lorsque je prends la présidence de la Route des Jeunes, j’ai 19 ans, beaucoup d’ambition et de projets pour l’association, mais peu d’idées sur comment les réaliser. Rédiger un communiqué de presse, monter un budget, faire un discours en public : mais comment procède t-on, et par quel bout commencer ? J’ai l’intuition très forte que notre association, qui compte déjà 150 adhérents, peut beaucoup se développer, réaliser de nouveaux projets, réduire de manière durable l’insécurité routière chez les jeunes en France. Mais par delà les intuitions, ce dont la Route des Jeunes a besoin, c’est de réalisations concrètes : d’actions de terrain toujours plus nombreuses, mais aussi d’une vraie politique de communication. Mais quelle légitimité puis-je avoir, moi qui n’ai pas même vingt ans, et qui, à peine sortie du lycée, ne dispose pas encore d’une formation universitaire sur laquelle m’appuyer ?
Mais je me mets au travail, aidée de toute une équipe, de bénévoles à la motivation débordante, et je « me lance » : multiplication des opérations, rédaction de lettres, demandes de subventions, puis les discours lors des remises de prix, les communiqués de presse. Et à partir de là viennent les premières interventions dans les média : presse écrite, radios, télévisions, plus rien ne me fait peur : après tout je suis certaine de dire vrai : je connais les chiffres de l’insécurité routière en France et je sais que la Route des Jeunes y apporte des solutions concrètes. « Vous me paraissez bien peu stressée pour quelqu’un qui passe à la télévision pour la première fois », me lance une journaliste très inquiétée par mon jeune âge ; « mais c’est parce que je ne viens pas pour parler de moi, mais de mon association ; et je sais que notre action est efficace ».
L’année passe à une vitesse folle, déjà il est temps de passer la main à Ségolène, et c’est le moment de jeter un œil en arrière sur mon année de Présidente : la Route des Jeunes a recueilli de nombreux adhérents, les actions sont nombreuses, les soutiens de plus en plus solides ; mais surtout, c’est moi qui, par tout ce que j’y ai appris, ai tout à coup beaucoup grandi.